visite technique

Une visite de terrain vous est proposée afin d’illustrer différents aspects de la problématique des glissements fortement rétrogressifs dans les argiles sensibles, dont plusieurs auront été abordés lors de l’atelier. Cette tournée permettra de découvrir quatre sites situés à l’intérieur des limites de la mer de Champlain. Les sites constituant des arrêts ont été touchés à différents niveaux par des problématiques liées aux glissements de terrain dans les argiles sensibles, dont certains cas très récents qui ont permis de modifier le programme initial. Outre les sites des arrêts, des informations supplémentaires seront données tout au long de la tournée, sous forme de « capsules », pour d’autres cas situés sur le parcours de la visite.

 

Date de la visite : Jeudi 2 octobre 2025
Lieu de rassemblement : Musée de la Civilisation de Québec
Heure de départ et de retour à Québec : 7h30 – 17h
Coût de la visite: 150$ + taxes (Prix en dollars canadiens (CAD). Les taxes (9.975% TVQ + 5% TPS) peuvent s'appliquer)

 

Les inscriptions débuteront le 1er avril, et se feront au moment de votre inscription à la conférence (voir la section Inscription). Faites vite, les places sont limitées. Prévoir des vêtements et des chaussures adaptés pour la période de l’année afin de profiter de la visite (imperméable, survêtement chaud, chaussures de marche, etc.), la météo peut être changeante.

 

 

1er arrêt – Saint-Thuribe

Le premier arrêt, originellement planifié à un site de glissement rotationnel profond survenu en avril 2022 à Saint-Alban, a été remplacé par un cas très récent, où un glissement fortement rétrogressif s’est produit le 15 juillet 2025 dans le village voisin de Saint-Thuribe, coupant une route collectrice intermunicipale et emportant une résidence. D’une superficie d’environ 3 hectares, ce glissement de terrain est un cas combiné de « coulée argileuse – étalement ». Ce site permettra d’observer les caractéristiques propres à ces deux mécanismes de rupture, tel que décrit par Therrien et al. lors de l’atelier. Ce cas illustre également les effets des débris sur un cours d’eau de type « C », tel que décrit par Turmel et al. lors de l’atelier. La présence d’un système de fissures subverticales visibles dans les parois du glissement permettra de discuter de leur origine et de leurs effets, notamment en rapport avec les sujets abordés par Lemieux et al. et Routhier et al. lors de l’atelier. Finalement, ce cas récent donnera l’occasion de parler du traitement des situations d’urgence lorsque surviennent de tels événements au Québec, sujet qui sera aussi abordé lors du dernier arrêt de la journée à Sainte-Monique.

2e arrêt – Sainte-Geneviève-de-Batiscan

Le deuxième arrêt est localisé sur la rue des Brumes, à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. À cet endroit, des travaux de déblai et d’enrochement ont été réalisés de façon préventive sur la rive opposée de la rivière Batiscan. Les propriétés géotechniques de l’argile, la présence d’érosion active au pied de la pente et les conditions topographiques particulières prédisposaient le site à un éventuel glissement de terrain fortement rétrogressif de deuxième génération. Une étude par simulation numérique de la propagation des débris a démontré que les résidents de la rue des Brumes, situés sur la plaine alluviale en face du talus à l’étude, pouvaient être menacés, notamment par un éventuel tsunami. Cet arrêt permettra de discuter des travaux qui ont été réalisés pour protéger les résidents ainsi que des différentes analyses qui ont été réalisées.

Par ailleurs, des travaux de stabilisation préventifs de grande envergure sont présentement à l’étude afin de protéger le cœur du village. Les travaux d’enrochement sur la rivière à Veillet, située à proximité du site, devraient couvrir environ 1,5 km de longueur et font l’objet d’un partenariat multidisciplinaire pour harmoniser l’ouvrage avec l’habitat naturel.

3e arrêt – Nicolet

Le troisième arrêt se situe à Nicolet, où une coulée argileuse, suivie d’une phase de glissement par étalement (glissement composé) s’est produite le 12 novembre 1955. Ce glissement de terrain a eu d’importantes répercussions puisqu’il s’est produit dans le centre-ville.  Il a emporté une école, une partie de l’Évêché, une station-service et trois résidences, et a coûté la vie à 3 personnes. Le glissement s’est produit alors que des travaux d’enrochement étaient en cours pour protéger la berge contre l’érosion. La cathédrale, bien qu’épargnée par le glissement, a dû être démolie puisque ses fondations avaient été fragilisées. Certains éléments de la cathédrale ont toutefois été récupérés, dont la voûte richement ouvragée qui a servi à la construction de ce qui est aujourd’hui le Centre des arts populaires. Le dîner aura lieu à l’intérieur de ce bâtiment et permettra de discuter des aspects historiques liés à ce mouvement.

4e arrêt – Sainte-Monique-de-Nicolet 

Le dernier arrêt se fera à Sainte-Monique-de-Nicolet, en remplacement du site initialement prévu à Pierreville. Une petite coulée argileuse de 1,5 ha s’est amorcée le 20 mai dernier à cet endroit, emportant une résidence et deux bâtiments secondaires, et coupant une route collectrice intermunicipale. Le glissement de terrain, qui présente deux surfaces de rupture en paliers distincts, s’est amorcé le long d’un petit ravin de type « D » (tel que décrit par Turmel et al. lors de l’atelier). Ce site permet aussi de constater l’effet différent qu’ont eu les débris, lesquels ont atteint la rivière Nicolet (type « A »), par rapport au cas du premier arrêt. Par ailleurs, la comparaison de levés lidars datant de 2013, 2022 et 2024 a permis de constater que la berge du ruisseau, à l’endroit où s’est amorcé le phénomène, s’était encaissée d’environ 2,4 m pendant cette période, atteignant une hauteur de 10 m, ce qui rappelle le cas de Gjerdrum de décembre 2020 en Norvège. Ce site souligne donc l’intérêt qu’apportent de nouveaux outils, comme les levés lidars, pour faire un suivi de l’évolution des zones potentiellement exposées aux glissements fortement rétrogressifs, comme l’illustrent plusieurs présentations lors de l’atelier. La question du traitement des situations d’urgence y sera aussi abordée.

28 Septembre au 2 Octobre 2025, ville de Québec